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Je m’en veux de lancer des projets qui n’aboutissent pas parce que je ne suis pas foutue de les faire aboutir bien,
je m’en veux d’avoir voulu faire quelque chose de ces textes maintenant qu’ils sont sous mes yeux et qu’au final ils ont l’air pathétiques,
je m’en veux de m’enfermer constamment dans des espaces qui n’existent que dans mes désirs et de finir par y croire,
je m’en veux d’avoir passé autant de temps à côté des choses qui m’entourent parce qu’au fond je suis futile,
je m’en veux d’arriver le soir chez moi en trouvant le moyen de pinailler l’autre parce que je ne sais pas ce qui ne marche plus chez moi,
je m’en veux de ne plus regarder en face tout ce qui arrive comme contraintes parce que je sens bien que je ne pourrais pas y arriver,
je m’en veux de ne plus savoir quelle direction je dois prendre et de n’en prendre aucune,
je m’en veux de croire que je suis unique et merveilleuse quand le dernier des cons se contente de vivre ses propres manques de façon légère et sereine et que ça lui réussit,
je m’en veux d’avoir oublié de rester humble et de feinter un quelconque ascendant sur on se demande bien quoi,
je m’en veux de m’enfermer dans des mécanismes où les faibles espoirs sont déjà voués a l’échec,
je m’en veux de fumer 4 clopes à jeun le matin quand je sais qu’il faut arrêter et d’en être incapable,
je m’en veux d’avoir encore la boule au ventre quand je dois appeler ma mère parce que je sais le reproche d’un manquement,
je m’en veux de regarder ma fille avec ce refrain dans ma tête qui dit je vais te laisser un jour parce que je n’en peux plus de tout et des riens,
je m’en veux de me gémir quand ailleurs les urgences sont autres,
je m’en veux d’imaginer qu’un jour je serai grande,
je m’en veux d’avoir cru à l’enthousiasme d’un éditeur quand je ne suis pas capable de le relancer parce que j’ai trop peur d’un refus,
je m’en veux de prendre cet air détaché parce que j’ai tellement la trouille que je mets de la distance pour faire semblant de ne pas être concernée tout a fait quand je suis au bord des larmes,
je m’en veux de passer sans un regard devant cet homme qui me demande une clope quand j’ai trois paquets dans mon sac,
je m’en veux d’avoir acheté tous ces livres au lieu de payer les relances quand je ne suis pas foutue de lire autant que ce que j’accumule,
je m’en veux de garder une note d’hôtel un jour où j’étais censée être ailleurs,
je m’en veux d’avoir ce sourire niais quand dans une discussion je ne peux plus suivre parce que je n’ai jamais eu assez de curiosité,
je m’en veux de mettre ma plus jolie robe pour sortir un jour de rencontre quand ici je reste décousue sans ne plus vouloir plaire,
je m’en veux d’avoir fouiné les mensonges et de finir par les trouver quand je me mens déjà à moi même et à l’autre plus encore,
je m’en veux de trop regarder les étoiles quand mes pieds devraient toucher la terre,
je m’en veux de savoir ce que j’aimerais mais d’être trop lâche pour prendre une décision,
je m’en veux d’avoir perdu du temps pour une liste qui n’a pas de fin.

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quand on sait pas dessiner on fait ce qu’on peut pour foutre une cadillac dans le mur

quand on sait pas dessiner on fait ce qu’on peut pour foutre une cadillac dans le mur

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Quand je fais croire que je suis en Égypte

Quand je fais croire que je suis en Égypte

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Parfois, Éric Pessan m’envoie une carte postale

Parfois, Éric Pessan m’envoie une carte postale

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Parfois, je construis un mur

Parfois, je construis un mur

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Elle chantait cette chanson
d’oiseau, de liberté et d’amour
kitsch
blonde comme les blés
des teintures
des trois semaines.
Elle était belle là haut
dans sa robe ample
on aurait dit que c’était elle
l’oiseau
on aurait dit que c’était moi
l’amour
sur le linoléum
aussi mou
que ses espérances
sitôt les quatre minutes
passées.
Maintenant je sais
que dans sa voix
ronde
et ses yeux ailleurs
elle convoquait
les anges
sans jamais y croire
vraiment.

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mon père il avait un coffre chez lui.
mon père il aimait sûrement mes petits cadeaux
mon père il les rangeait dedans
à double tour
peut être qu’il avait peur qu’on les lui vole
peut être qu’il les sortait parfois
peut être qu’il ne les sortait jamais
quand il est rentré dans la boîte
on n’a jamais su
le coffre ouvert
plus rien dedans
peut être que les cadeaux d’amour
quand ils ont du chagrin
rejoignent les étoiles
eux aussi
et jouent a cache cache
autant de fois
qu’on les a caché

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i-bl:

Parfois, je monte dans un tram alors que je vois bien qu’il ne s’agit pas du bon mais j’essaie quand même au cas où ce serait lui qui se serait trompé,
Parfois, quand j’achète quelque chose alors que je sais très bien qu’il ne le faut pas, je suis tentée de taper un autre code que celui de ma…

parfois je n’ai rien à dire de plus